Journal de bord
3A. Pourquoi Télécom SudParis ?
J'ai choisi Télécom SudParis parce que l'école mettait en avant la polyvalence de son cursus et la présence d'une école de commerce sur le même campus. L'idée de projets transverses me plaisait, tout comme celle de ne pas me spécialiser trop tôt. C'était une école généraliste, et cette ouverture correspondait à ce que je cherchais à ce moment-là.
3B. Un décalage social
Mon intégration a été difficile. La vie associative occupait une place centrale, presque incontournable, et ce n'est pas un environnement dans lequel je me sens naturellement à l'aise. Je ne suis pas très social, et je me suis isolé.
Le contraste avec la prépa était fort : là où tout était cadré, structuré, explicite, j'ai trouvé ici une ambiance plus diffuse, plus informelle, dans laquelle je n'ai pas réussi à trouver ma place.
3C. Une organisation pédagogique déconcertante
La pédagogie m'a surpris. Les emplois du temps changeaient régulièrement, les cours étaient assurés par plusieurs intervenants sans continuité claire, et les projets d'équipe étaient souvent trop courts pour produire quelque chose de solide.
L'investissement des membres variait beaucoup, ce qui compliquait la réalisation d'un travail sérieux. On voyait beaucoup de choses, mais sans toujours en retirer une compréhension profonde.
J'ai aussi été marqué par le fait que beaucoup d'enseignants étaient des chercheurs : compétents, mais pas toujours pédagogues. Après la rigueur de la prépa, cette approche plus floue m'a dérouté.
3D. Apprendre à coder : de la sécurité au jeu vidéo
L'informatique est devenue concrète grâce aux projets. Quelques exemples :
En première année, le projet “Lionheart”, développé en Java dans une équipe de 4 étudiants, m'a appris à structurer du code, en défissant les objets, les règles, un fonctionnement complet.
En deuxième année, j'ai découvert les challenges de cybersécurité via Root-me, NewbieContest et les challenges de code via Codingame.
En troisième année, j'ai choisi l'option JIN (Jeux et Interactions Numériques). Le développement de jeux rendait l'apprentissage du code plus visuel, plus intuitif. Voir immédiatement le résultat de ce qu'on programme est motivant.
3E. Premières convictions professionnelles : limites et éthique
Mon stage d'un mois en 1ère année a été marquant sur un point. Parmi les tâches, une consistait à faire du démarchage téléphonique, une tâche que j'ai détestée.
Je n'aime pas déranger les gens, encore moins si je ne suis pas convaincu que mon appel leur sera utile.
Cette expérience m'a confirmé quelque chose de simple : je n'aime pas faire perdre du temps aux autres. C'est une conviction qui m'est restée.
3F. Bilan : la polyvalence au prix de la spécialisation
Ces années m'ont permis de toucher à beaucoup de technologies, de méthodes, de projets. J'ai même suivi un MOOC de gestion de projet.
Mais cette richesse avait un revers : j'ai survolé beaucoup de sujets sans devenir expert dans un domaine précis. Je n'ai pas retrouvé non plus le “coup de cœur” intellectuel que j'avais eu pour la cryptographie au lycée.
Ce fut une période de découverte horizontale, dense, parfois frustrante, mais formatrice à sa manière.