Journal de bord
2A. Le haut niveau scolaire et les premiers doutes
L'entrée en classe préparatoire a marqué un tournant. J'ai découvert un univers intellectuel d'une densité que je n'avais jamais connue : mathématiques, physique, logique, tout était structuré, exigeant, presque vertigineux.
Pour la première fois, je n'étais plus premier de la classe. Je me situais entre la 10e et la 15e place. La concurrence, la masse de travail, la quantité de notions à absorber ont fait naître mes premiers doutes. Mais j'ai tenu, et j'ai intégré la MP*.
2B. Adapter son organisation et revoir ses priorités
J'ai dû revoir mon équilibre. Le football de haut niveau est passé au second plan, même si j'ai continué à jouer en retournant dans mon club de formation et en évoluant en U19 Promotion d'Honneur (niveau juste en dessous du niveau Honneur). L'équipe était composée d'une fusion de 4-5 clubs, et j'en étais le capitaine.
La première année, j'ai réussi à jongler entre prépa et foot. Mais plus le temps passait, plus je privilégiais la prépa, il devenait alors difficile de rester en forme physiquement. Malgré tout, accéder à la MP* en maintenant ce double engagement a été une vraie satisfaction.
2C. Résilience
La prépa a été une école de résilience. On apprend sans toujours savoir pourquoi, sans toujours comprendre où cela mène, mais on avance.
Aux concours de 3/2, je n'ai pas obtenu l'école que je visais. J'ai donc décidé de redoubler. Je ne me voyais pas refaire une année, mais je l'ai faite. Ce n'était pas facile, mais je ne regrette pas.
2D. 5/2 : Responsabilités et maîtrise
En 5/2, une partie du programme avait changé : introduction des probabilités, ajustements en physique… Il a fallu s'adapter (encore et encore !).
Le statut de redoublant donne aussi un rôle particulier : celui de mentor pour les 3/2. On doit montrer l'exemple. Comme le veut la tradition, j'ai préparé et animé des cours. 2 pour être précis : un cours de mathématiques et un cours de physique, d'une durée de deux heures chacun.
2E. Anecdotes
1. En 3/2 comme en 5/2, j'ai passé les quatre concours majeurs : X/ENS, Centrale, Mines-Ponts, CCP.
2. En prépa, avoir la moyenne est déjà difficile. Mais les épreuves d'X/ENS sont encore plus redoutables. Ma pire note de toute ma vie vient d'une des 4 épreuves de maths en 3/2 : 1,9/20 sur une épreuve de 4h pour ENS Ulm. On sortait vraiment des programmes et cela ressemblait davantage aux Olympiades de mathématiques. En 5/2, sur une des 4 épreuves de maths de X/ENS (la plus facile), j'ai eu 11/20.
3. Je n'ai été major de ma classe qu'une seule fois : en philosophie, en 3/2, sur un sujet lié au temps (17/20).
4. Retour à la cryptographie : pour le TIPE, en 3/2, j'avais réinventé un algorithme itératif permettant de générer tous les nombres premiers. En 5/2, je me suis tourné vers la machine Enigma (chiffrement).